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Tout d’abord, nous voudrions ici remercier nos partenaires institutionnels, la région Languedoc-Roussillon et son président Georges Frêche, la ville de Sète et son maire François Commeinhes, sans qui la performance n’aurait pas son festival intenational en France. De plus, nous saluons le Nordic Culture Point, agence inter-gouvernementale scandinave, qui a apporté un soutien notable à la réalisation de la sixième édition du festival Infr’Action.
L’art performance est en mouvement à en croire l’article publié au début de cette année dans le New York Times, où la discipline est mise en lumière. Le journal nous informe en effet, des programmes du musée d’art moderne de New York, (le principal établissement, ô combien historique, rayonnant sur la scène de l’art internationale depuis le début des années 50), dont les activités laissent une belle part au champ de la performance. Cette entrée remarquée de la discipline au MoMA est sans précédent. Toute personne portant un regard expérimenté sur les fonctionnements du système international de l’art, saisit le sens et la teneur de ce changement. Cela révèle tout simplement que l’intérêt pour l’art action et la performance s’étendra, durant les prochaines années et de manière significative, à de nombreux autres établissements reconnus mais aussi à la scène de l’art contemporain en général. Cela met également en perspective, la poursuite de nos avancées engagées il y a six ans sur cette voie de développement, Infr’Action Sète a accédé depuis lors, à une position importante en Europe et à international.
De même en France, depuis peu, la presse porte un intérêt grandissant à l’art performance. Le magazine Art Press 2 (Trimestriel N° 18 août, septembre, octobre 2010) a édité un numéro spécial consacré à la performance contemporaine. Bien que l’on puisse soupçonner des lacunes à propos des connaissances et des expériences de certains des auteurs sur la performance contemporaine présente sur la scène internationale, il est clair qu’il existe là, un intérêt certain. Oui, le mouvement semble être bien présent. Cependant le cadre des références est plutôt réduit et ne franchit pas souvent les frontières de la France, mis à part la Wallonie et la Suisse. En outre, à Toulouse, l’événement annuel, le Printemps de Septembre, offre cette année une thématique spéciale performance, sous le titre évocateur Une Forme pour toute Action. Toutefois, le programme du Printemps de Septembre est davantage tourné vers des expositions (objets et documentation) plutôt que sur le média lui-même, la performance en direct. Pour sûr, il est clairement plus facile de contrôler et de gérer des objets, mais ce n’est pas de l’art performance. Le programme de performance de l’événement est tout à fait limité, aussi bien en nombre qu’en perspectives internationales. Cependant, nous sommes satisfaits du fait que deux des artistes internationaux présents dans la ville rose ont été découverts au festival Infr’Action à Sète, l’Italien Nicola Frangione et le Birman Nyan Lin Htet. Néanmoins, les thèmes abordés par Art Press 2 et Une Forme pour toute Action font apparaître quelques points donnant lieu à réflexion. On peut en effet noter, dans ces deux propositions, la prédominance de la « performance » chorégraphiée qui s’assimile presque au théâtre, et le manque de perspectives internationales.
Infr’Action propose, pour sa part, une ouverture internationale complète et ne présente nullement des œuvres chorégraphiées ou ayant des traits communs au théâtre. Ce sont deux de nos principes fondamentaux. Il est intéressant de noter également les moyens modestes dont dispose Infr’Action et avec lesquels le festival est en mesure de présenter un programme international plus vaste, comparé à un événement comme le Printemps de Septembre qui gère un budget de 1,6 million d’euros. Eh bien, il n’est pas toujours aisé pour nous de nous maintenir financièrement, à plusieurs reprises nous avons été découragés par ce manque de moyens et resenti l’envie de jeter l’éponge. Mais nous sommes toujours présents, avec passion ! Cette passion nous pousse à faire les meilleurs choix parmi les artistes évoluant sur la scène internationale, c’est certainement encore notre passion qui stimule ces créateurs à se rendre à Sète, sans pour autant être rétribué comme il est d’usage dans le milieu artistique. Durant Infr’Action 010, vous pourrez découvrir certains d’entre eux, par exemple, Marilyn Arsem de Boston, fondatrice du légendaire collectif d’artistes Mobius, mais aussi à la tête du département performance au sein de l’une des écoles d’art les plus renommées des États-Unis, l’École du Musée des Beaux-Arts de Boston. L’artiste australien Tony Schwensen enseignant dans le même établissement, accompagné de trois étudiants diplômés s’ajoute à cette délégation américaine, ce qui augure les prémices de futurs échanges artistiques fructueux.
Le développement de réseaux et le choix de jeunes artistes sont des aspects essentiels du festival Infr’Action. En effet, donner à de jeunes artistes moins expérimentés, une chance de présenter leurs travaux est important pour nous, à la différence de la plupart des événements institutionnalisés qui n’y pensent quasiment jamais. Or, un artiste débutant doit bien commencer quelque part, alors pourquoi pas à Infr’Action ? Parmi la sélection 2010, nous accueillons également Jamie McMurry de Los Angeles. Depuis quelques années il sillonne la scène internationale, ses œuvres ont été présentées lors d’importantes manifestations. Le fougueux Arti Grabowski quant à lui arrive de Cracovie, en Pologne. Il est accompagné de Anna Syczewska dont les propositions poétiques toute en subtilité nous raviront. Ils sont tous deux très actifs au niveau international et particulièrement en Europe. Randy Gledhill est un artiste canadien et directeur de la biennale Live à Vancouver. Il intervient dans l’espace public, avec humour et humilité et tente de créer une relation inter-espèce avec nos semblables et les oiseaux. Venu de Finlande, Roi Vaara, pour sa troisième participation à Infr’Action Sète est à la tête de la délégation composée de 12 artistes scandinaves. En 2005 et 2007, il avait présenté des œuvres comme Nature morte de tasses à café ou encore Poignée de main fraîche qui ont été très appréciées par le public.
Nous mettons donc l’accent sur la Scandinavie pour cette sixième édition. Non seulement du fait du jumelage d’Infraction Sète avec le festival Live Action Göteborg, mais en raison de notre intérêt très marqué pour le développement de la vague scandinave, ainsi évoquée par la scène internationale de la performance. En outre, la performance dans ces cinq pays d’Europe du Nord est en grande progression. 12 artistes nordiques venus de Norvège, Danemark, Finlande, Suède et Islande ont répondu à notre invitation. Tous travaillent dans différents domaines artistiques et visuels ou conceptuels et proposent des œuvres utilisant le son, la vidéo, ou encore proposent des travaux liés à l’environnement. Infr’Action est un jeune festival, cependant nous consacrons tous nos efforts à la stimulation, la circulation et la promotion de l’art performance en Europe et sur la scène internationale. Afin d’être en mesure de promouvoir une nouvelle génération de jeunes artistes, nous avons établi des collaborations et des échanges avec d’autres festivals, organisations et institutions en Europe et dans le monde entier, avec l’objectif évident de permettre des coopérations à long terme. Plus de 180 artistes internationaux originaires de plus de 40 pays ont été présentés dans ces différentes manifestations depuis 2005. Infr’Action est aujourd’hui l’un des festivals les plus importants en Europe et à l’international, nous disposons également d’un réseau d’artistes et d’organisations qui s’étend sur tous les continents. Cinq festivals ont été créés avec des partenaires locaux, respectivement à Paris (infracitonparis.info), Göteborg (liveaction.se), New York (liveactionnewyork.org), Guangzhou (guangzhoulive.org) et Shenzhen (shenzhenaction.org).
Infr’Action toujours avant-garde et populaire ! Une idée originale, renouvelé et approfondie chaque année, fondée sur la conviction de l’importance de créer en France, un événement singulier, une plate-forme dédiée à l’art performance. Des artistes internationaux des plus remarquables évoluent dans des conditions de vie ordinaire et à ce titre favorisent une véritable démocratie culturelle, le grand public bénéficie ainsi d’un accès immédiat et gratuit à l’art contemporain. Les oeuvres sont présentées dans le contexte particulièrement dense des marchés hebdomadaires et les espaces publics de la ville de Sète. Il s’agit là de stimuler la nécessité de l’expérimentation poétique, de la poésie visuelle, l’engagement de l’intelligence émotionnelle et l’empathie de chacun, faisant apparaître la jonction possible entre l’art et la vie, dans une époque dominée par la société du spectacle. Cette année encore Infr’Action place la ville de Sète sous le signe de la performance, venez découvrir un programmes haut en couleur, des artistes qui compose une proposition originale et cohérente. La scandinavie réchauffe les cœurs, les créateurs cosmopolites revigorent les représentations de notre réalité. Toujours populaire, toujours avant-garde, Infr’Action en marche vers l’avenir !
Nadia Capitaine & Jonas Stampe
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